Mary Poppins & la maison d’à côté


Les romans / lundi, décembre 24th, 2018

Autrice :  Pamela Lyndon Travers
Éditeur : Editions Le Castor Astral
Parution : 2018
Pages : 155

Résumé 

Mary Poppins est une star. Mary Poppins est un chef-d’œuvre littéraire. Mary Poppins est so british. Mary Poppins n’a pas d’âge. Mary Poppins a des super pouvoirs. Mary Poppins est insoumise. Mary Poppins ne supporte pas les enfantillages. Mary Poppins glisse sur la rampe d’escalier. Mary Poppins tient aux bonnes manières. Mary Poppins sourit à son reflet. Mary Poppins connaît des vérités cachées. Mary Poppins est un conte philosophique. Mary Poppins fait un peu peur quand même. Mary Poppins n’explique jamais rien.

Ce livre a sans doute bénéficié de la sortie du retour de Mary Poppins sur les écrans noirs… Mais hormis ce timing, il n’y a aucune référence aux deux films Disney. Et ce qui accroche le regard en premier lieu, c’est son magnifique graphisme, à la fois jeunesse, avec une pointe de vintage. Le personnage est tellement charmant et particulier !

« Mais c’est impossible, protesta M. Banks, l’air affligé. Nous l’aimons tous comme elle est. Chaque rue devrait disposer de sa maison vide. Pourquoi ? – Eh bien, commença M. Banks, mal à l’aise, pour que les gens puissent la remplir de leurs idées du genre de voisins qu’ils aimeraient avoir ».

Je ne connaissais absolument pas l’oeuvre littéraire de cette autrice, finalement, tout ce que j’avais en tête en achetant ce livre, c’est l’univers qui m’avait été proposé par le film de 1964, incarné par la merveilleuse Julie Andrew. Il a donc fallu que je me sépare de ces souvenirs et aborder ces deux nouvelles avec un autre regard.

Mais cela valait la peine, quel bonheur de découvrir cette plume, cet humour typiquement anglais, ce nonsens et cette poésie du quotidien. C’est un univers d’une tel douceur qui m’a glissé sous une couette de nostalgie des plus confortables. Qu’il s’agisse de la nostalgie de l’enfance, d’un monde plus simple ou plus sain… Dans notre monde en perpétuel mouvement où les drames se suivent et ne se ressemblent pas, se retrouver dans cet univers m’a fait l’effet d’un bain de jouvence !

Quel bonheur j’avais à savourer ce livre, le soir, après une grosse journée de déménagement et de stress ! C’était très reposant.

A cela, j’ajouterai le plaisir immense de découvrir l’autrice et ses différentes réflexions sur la Littérature de Jeunesse et le fait d’écrire ou non pour les enfants. Cela m’a replongé dans ma période de mémoire, ce qui a sans doute participé à l’effet nostalgique de cet ouvrage ! En tout cas, quelle passionnante personne ! A présent, je n’ai qu’une envie, découvrir le reste de son oeuvre et surtout les autres aventures originales de Mary Poppins, qui à mon grand étonnement, me plait encore plus sous cette forme littéraire !

Je vous laisse sur cette réflexion sur les œuvres de l’enfance !


Sans doute vaut-il la peine de signaler qu’à l’origine, ni La Belle au bois dormant ni Rumpelstiltskin ne furent écrits pour les enfants. (…) Ils naquirent spontanément de l’esprit de nos ancêtres et furent transmis oralement de génération en génération à des auditeurs illettrés de tous les âges.

Il fallut attendre le XIXème siècle pour que des collecteurs commencent à les imprimer et que des enfants les dérobent et se les approprient. Ils appartenaient aux adultes et les enfants se sont contentés de les prendre.

Je me souviens d’un poème de Walter de la Mare qui débute ainsi : « Je vous chanterai un chant sur les petits enfants du monde volés par la magie. » Eh bien moi, je pourrais « chanter un chant sur la magie du monde volée par les enfants. »

Car, à long terme, ce sont les enfants eux-mêmes qui décident de ce qu’ils veulent. Ils tendent la main et soustraient les trésors de toutes sortes de lieux plus ou moins vraisemblables, comme j’ai essayé de le faire.  

Une fois que l’on est ainsi confronté à toutes ces richesses dérobées, la question de savoir qui écrit pour les enfants perd de son importance et devient même obsolète. Car chaque livre est un message : quand les enfants le reçoivent, ils se l’approprient, peu importe ce qu’en dit l’auteur, peu importe le statut qu’il s’attribue.

« Je n’ai jamais écrit pour les enfants » – Extrait de l’entretien réalisé avec Pamela Lindon Travers.
Mary Poppins - La maison d\'à côté par  Pamela L. Travers

Mary Poppins – La maison d’à côté

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