La jeune fille sur la falaise


Les romans / mercredi, mars 21st, 2018

Ce qui me frappe, c’est que nous vivons comme si nous étions immortels. Nous prenons des décisions, comme si nous allions vivre pour l’éternité, sans penser à l’inévitable, à ce qui nous attend tous au bout de notre route. Bien sûr, c’est notre seul moyen de survivre.

Auteur : Lucinda Riley
Éditeur : Charleston Editions
Parution : 2015
Pages : 512

Résumé 

Pour échapper à une récente rupture, Grania Ryan quitte New York pour aller se ressourcer en Irlande auprès de sa famille. C’est là, au bord d’une falaise, qu’elle rencontre Aurora Lisle, une petite fille qui va changer sa vie.
En trouvant de vieilles lettres datant de 1914, elle se rend compte du lien qui unit leurs deux familles. Les horreurs de la guerre, l’attrait irrésistible du ballet, le destin d’un enfant abandonné, ont fait naître un héritage de chagrin, qui a tour à tour marqué chaque nouvelle génération.

C’est finalement l’intuition d’Aurora qui leur permettra de se libérer des chaînes du passé, et d’aller vers un futur où l’amour triomphe sur la perte.

Mon avis

Cela fait déjà plusieurs jours que j’ai fini ce livre et je peux enfin m’installer tranquillement pour en parler avant que toutes mes impressions ne s’estompent !

Lorsque l’on commence à lire ce roman, on se trouve vraisemblablement dans une sorte de journal tenu par une personne dont on peut facilement deviner l’identité et qui semble vouloir laisser une trace de sa vie et de son passage sur terre à ceux qu’elle aime grâce à une fresque historique de sa famille.

Je ne sais pas trop comment parler de ce livre sans en dévoiler plus que nécessaire… Il s’agit ici d’une histoire de femmes à travers le XXème siècle, d’un chassé-croisé entre deux familles qui sans être du même monde, ne vont cesser de se mélanger, de se détruire et de s’aimer.

« Maman, essaie de croire que rien n’a de fin, surtout pas l’amour ».

On y retrouve deux situations en miroir, celle de Mary et d’une orpheline, Anna et celle de Grania et d’Aurora. Si au départ, je pensais peut-être que le récit allait s’orienter vers des atermoiements amoureux, cette histoire raconte surtout l’histoire d’un autre genre d’amour : l’amour maternel dans le sens le plus pure : le fait de choyer, chérir, l’envie de protéger, le sentiment impérieux de tout donner et potentiellement tout sacrifier pour un enfant qu’on aime.

Je disais plus haut qu’il y avait deux relations en miroir, mais en fait, tout ce roman parle de maternité, sur toutes ses formes, ou plus globalement de relations à l’enfant. Il y a ici des femmes maternelles et maternantes, des marâtres, des femmes-enfants incapables de s’occuper d’autrui, des femmes détruites par la perte d’un enfant, des mères célibataires, des amoureuses, des protectrices, des indifférentes, des conventionnelles… mais il est aussi question d’abandons, d’orphelins et de familles recomposées…

C’est en toile de fond et ce n’est qu’en faisant le compte rendu que j’ai pris conscience à quel point ce sujet occupait tout l’espace !

J’ajouterai que ce roman est certainement très porté sur le drame, et les situations qui pourraient sembler invraisemblable. Peut-être que cela demande une petite suspension de l’incrédulité. Après, je n’ai eu aucun mal à y recourir, rien qu’en me rappelant l’identité du narrateur qui raconte et adapte sans doute une part des événements à sa conception de la vie encore magique et empreinte d’un romantisme « qui n’a pas encore été brisé par l’expérience de l’amour ». Alors certes, l’histoire est parfois inégale – j’ai tendance à penser « comme beaucoup de romans du même genre »où le présent semble plus fade que tous les chapitres dans le passé. Ici néanmoins, j’ai ressenti moins fortement cette exaspération.

Tout ça pour dire que j’ai apprécié cette lecture, que j’ai plus particulièrement aimé l’amour de Mary et la douceur d’Aurora.

Cette enfant, de ce que j’ai vu dans certains critiques, est considérée comme trop adulte…Trop « sage » : c’est oublier que les événements tragiques vous forgent le caractère et que ce n’est pas parce qu’on a 8 ans qu’on est pas un être doué de réflexion, avoir toujours le prisme de l’enfance, mais avec une grande lucidité. Cela ne m’a pas étonné, puisque finalement, j’ai moi-même été une petite fille de huit ans sérieuse, lucide, entourée principalement avec des adultes et particulièrement sage, tout à fait consciente des difficultés rencontrées par les adultes et n’étant absolument pas dupes des efforts faits pour que je ne me rende compte de rien. Donc, ce n’est pas quelque chose qui m’a semblé invraisemblable….

D’ailleurs, je note que mon expérience de lecture a clairement été améliorée par toutes les associations que j’ai pu faire avec d’autres romans, telles que « La Scène des souvenirs » et « L’enfant du lac » de Kate Morton ou « Amours » de Léonor de Recondo…

Conclusion : je suis totalement tombée sous le charme de cette fillette et j’ai pleuré comme une madeleine. J’ai adoré me promener en Irlande, suivre les aléas de la vie de ces différents personnages -et je ne m’attendais pas à voir 14-18 arriver avec ses gros sabots, ça m’a fait un choc. J’ai trouvé ce livre, malgré ces nombreux drames, très réconfortant dans ces derniers messages, doux-amers.

 « Esprits, fantômes, anges, appelez-les comme vous voulez, chers lecteurs, mais sachez qu’ils existent. Je les ai vus toute ma vie mais j’ai appris à ne rien dire. Et à l’adresse des cyniques, je dirais juste que, d’un côté, comme de l’autre, il n’y a pas de preuve. Alors j’ai choisi de croire. »

 

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