La Colère de Banshee


Les albums / samedi, mars 24th, 2018

Auteurs / Illustrateurs Jean-François Chabas  et David Sala
Éditeur : Editions Casterman
Parution : 2010
Pages : 24 

Résumé

Sortie de son palais de cristal, la blonde Banshee est en colère. Et quand Banshee déploie ainsi sa fureur, des éclairs de soleil et d’étoiles dans ses grands yeux d’ambre, alors c’est tout l’univers, ou presque, qui tremble sur ses fondements ! L’herbe sèche s’enflamme à son passage, le sol mouillé grésille sous ses petits pieds. Sous son ire, les rochers des géants s’envolent, les flots et les cieux se teintent d’ouragan. Il se dit même qu’un bébé baleine, là-bas très loin dans une crique de l’autre bord du monde, s’est effrayé de son hurlement cosmique. 
Ce n’est que plus tard qu’on apprendra, dans un demi-sourire, quelle était la véritable raison de cette colère mémorable…

 

« En Irlande, pays des enchantements, écrit Jean-François Chabas en conclusion de ce beau livre, la banshee est la plus puissante des fées. La reine des magies, des malédictions, de toutes les merveilles. Aucun homme, pas même un druide, ne peut lutter contre ses pouvoirs. »

La colère de Banshee de Jean-François Chabas et David Sala raconte à sa manière les colères enfantines aussi violentes que temporaires. 

Comme beaucoup d’albums que j’avais pu analyser dans mon mémoire, il est pourvu de plusieurs niveaux de lecture. 

Il y a évidemment l’histoire de Banshee, une petite fille aux pouvoirs surprenants dont le simple cri est capable de provoquer un ouragan, de mettre le feu à la forêt, de provoquer naufrages et catastrophe. Evidemment, ici les pouvoirs de la fillette sont directement inspirés des pouvoirs de la Banshee de la mythologie celtique, même si cette fée-fantôme se contente bien souvent d’hurler, ce qui constitue un bien mauvais présage pour qui l’entendrait. Mais qu’est ce qui a bien pu déclencher pareille colère ? La perte de sa poupée bien évidemment ! 

C’est là que l’histoire est intelligente. En plaçant le personnage dans une situation surhumaine, dans un monde magique, prenant des proportions effrayantes ont peu aisément faire le parallèle avec ce qui est ressenti par un enfant lorsqu’il perd son doudou ou son jouet favoris. Le désespoir est authentique et sans borne. A l’échelle du monde de l’enfant, la catastrophe est donc comparable et bien des chambres ont pu être ravagées par un tel cataclysme, non ? Heureusement que la maman est là pour retrouver l’objet tant aimé et apaiser la colère. 

L’inspiration picturale 

Cet album est un magnifique objet livre qui a bénéficié d’un excellent travail d’éditions. Il y a de nombreux utilisations de verni sélectif doré, mettant en valeur les motifs ornant les pages. Et plus précisément la silhouette de Banshee à travers l’histoire. 

Lorsque j’ai vu pour la première fois cet album, j’ai immédiatement pensé à un peintre bien connu : Gustav Klimt.

Ici, vous avez l’exemple d’un des tableaux de Gustav Klimt : L’Arbre de Vie. Avec ses nombreuses volutes et ses personnes aux robes couvertes de motifs géométriques…

L’utilisation du verni sélectif doré, les motifs géométriques, les enluminures florales et les volutes remplissant les surfaces – et plus précisément les vêtements de Banshee. Tout évidemment me rappelle l’artiste autrichien. 

Si la première influence me parait évidente, la seconde est peut-être une analyse subjective de ma part mais je trouve que dans les traits des personnes, leurs visages, l’utilisation des couleurs, la sophistication des détails, l’ornementation celtique, on retrouve un peu d’un artiste écossais que j’aime beaucoup : John Duncan

 

Ici, Sainte Bride de John Duncan. On y retrouve le genre de teintes et de traitements des paysages très contrastés ainsi que des personnages se détachant largement du fond, avec encore une utilisation des couleurs dorées et d’une grande ornementation.

En conclusion, bien des années après avoir adopté cet album, je ne m’en lasse toujours pas. Il est magnifique, et maintenant que j’ai l’occasion de le partager avec ma fille qui a l’âge de notre petite Banshee, il a prit un sens nouveau que je n’appréhendais pas autant il y a 5 ans. Ce qui fait clairement de lui, un excellent album pour l’enfance, à raconter et à admirer…. !  Les albums qui mêlent un style pictural remarquable à un texte intelligent sont des pépites et celui-ci en fait partie ! 

 

Féeriquement.

 

 

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