« Eternal sunshine of the spotless mind » de Michel Gondry


Regarder - La Caverne aux Miroirs / mercredi, février 2nd, 2005

Clementine: This is it, Joel. It’s going to be gone soon.
Joel: I know.
Clementine: What do we do?
Joel: Enjoy it.

Ne vous est-il jamais arrivé de ne pas savoir parler après être sortit d’une salle sombre de cinéma ?… Peut-être pas. Je dirais même qu’il y a des films où même après, il est parfois difficile de parler, peut-être de peur de ne pas rendre justice à celui-ci ou alors pour ne pas dévoiler ce qu’il est, afin de conserver intacte la surprise. Un film … une histoire d’amour. Le caractère, la folie et la fantaisie d’une histoire toute particulière.

eternal04Par ce qu’elle éveille… Pour la part de leçon qu’elle donne ? A tous, qui avons un jour ou l’autre voulu oublier certaines choses trop douloureuses semblait-il à porter, qui avons aimé éperdument puis nous sommes déchirés, et avons tourné la page, d’une manière ou d’une autre !

On ne peut effacer son passé. De peur de ne plus être soi. Ce passé est, de bonheurs et de malheurs, ce que nous sommes, nous a forgé… coup après coup, caresse après caresse…

Et pourtant cette tendance à oublier les moments heureux, et ce que l’on aime chez une personne que l’on croit tellement connaître ? Que le temps passe… Qu’on se réveille un matin avec un étranger, en n’ayant plus rien à ce dire ?… Et pourtant l’amour originel n’est-il pas encore là, replié dans un coin perdu de notre cœur, tremblant mais présent… !? Ces souvenirs, se rendre compte à quel point ils sont importants, et à quel point on y tient, à quel point, les bons comme les mauvais moments ont leur importance, et s’égrainent dans notre vie. Un passé affreusement irremplaçable. Rien qu’une mélodie jouée sur un piano noir…, enlevez y quelques notes et celle-ci sera dissonante…

« Lorsque vous êtes joyeux, sondez votre cœur, et
vous découvrirez que ce qui vous donne de la
joie n’est autre que ce qui causait votre tristesse.
Lorsque vous êtes tristes, examinez de nouveau votre cœur.
Vous verrez qu’en vérité vous pleurez sur ce qui fit vos délices »

Ce qui frappe dans Eternal Sunshine c’est sa justesse particulière. Les dialogues ne semblent être là que pour l’essentiel, ils sont vrais et touchent le cœur. Des images comme des déclencheurs à souvenirs, qui nous projettent loin si loin. Et soi-même on se prend au jeu. Partir et rechercher, ces images qui déploient leurs ailes et s’en vont frémissantes planer dans le ciel de nos vies. Elles approchent sans qu’on les ai entendu arriver, et c’est avec le sourire qu’on les découvre, les yeux remplit d’étoiles. Certes, nous ne sommes ni tout à fait Joel ni tout à fait Clémentine, mais leur voyage nous amène sur nos propres chemins. Ce qui touche profondément, c’est l’écho que le film obtient en nous-même.

Dans des rires, des essentiels, des pleurs, des mélancolies… On se voit savourer chaque instant, de peur qu’il se finisse trop tôt, dans la crainte de le voir s’envoler sans pouvoir y faire. Et le retenir, le vouloir mais ne le pouvoir. Les yeux embués, ne pas verser de larmes, mais il y a peu de résistance et on se laisse emporter… ému à se mordre les lèvres, de se trouver peut-être idiot mais adorer ça. Alors,…

eternal01Le film s’achève comme chacun de ses souvenirs emportés, trop tôt. Nous laissant dans une douce torpeur, un peu inconsciente et avec l’incapacité de saisir une seule des scènes passés, tellement absorbé par un trop plein d’images et de sentiments… Sans avoir même envie de bouger, s’asseoir là, et regarder aussi le ciel, réinventer les constellations, là pouvoir tout dire, le cœur emplit d’une acceptation de ses souvenirs, que l’on tient précieusement contre soi. On voudrait seulement dire, je t’aime. Merci.

Il faut bien pourtant, reprendre son chemin, revenir à la réalité. Seul. Il fait froid dehors. Marcher dans la rue sans y être vraiment, l’esprit trop ailleurs pour s’en rendre compte. On sourit.

Clementine: Joely? What if you stay this time?
Joel: I walked out the door. There’s no memory left.
Clementine: Come back and make up a goodbye at least, let’s pretend we had one… Goodbye, Joel.
Joel: …I love you…

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