Posted by on Août 9, 2012 in Princesses oubliées ou inconnues | 4 comments

Une analyse détaillée (10 pages) de l’album « Princesses oubliées ou inconnues »est disponible sur ce site.
Celle-ci est protégée par un mot de passe, étant donnée qu’elle fait partie d’un travail de fin d’étude protégé, je souhaite savoir qui sont les personnes qui y accèdent.

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  Philippe Lechermeier

Philippe Lechermeier est né en le 1er mai 1968 à Strasbourg. Il étudie les lettres modernes à la faculté de Strasbourg. Après avoir obtenu son diplôme, il commence à enseigner le français et l’histoire dans un lycée. C’est à la naissance de ses deux filles, ses nouvelles muses qu’il débute sa carrière d’écrivain par de petites histoires qu’il leurs raconte le soir.  Son premier album sort chez Didier Jeunesse en 1998 « La valise ». Il attend cinq ans avant de republier.  C’est en 2004 qu’il signe le texte de son album le plus connu : Princesses oubliées ou inconnues.

 

 

 

 Rebecca Dautremer

Rebecca Dautremer est née en 1971 à Gap. Elle suit des cours de graphisme et de photographie à la prestigieuse École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris (ENSAD).  C’est un pur hasard, un conseil d’un de ses professeurs, qui la fait entrer en contact avec un éditeur : Gaultier Languereau. Celui-ci cherche quelqu’un pour illustrer une imagerie, réaliser des coloriages, des choses relativement simples. De fil en aiguille, l’éditeur commence à lui proposer autre chose, ses bons contacts avec la directrice artistique aidant. C’est à la fin de ses études que son premier album lui est proposé, L’enfant espion, qui est suivi de beaucoup d’autres. Elle abandonne alors définitivement le graphisme pour se tourner vers le domaine de l’illustration enfantine.

Depuis lors, elle publie de nombreux albums pour la jeunesse, son année la plus faste est 2003, avec L’amoureux couronné par le prix Sorcières en 2004 et le Coup de Cœur RTL jeunesse. C’est l’année suivante qu’elle publie son plus gros succès : Princesses oubliées ou inconnues sur un scénario de Philippe Lechermeier. De là tout s’enchaîne : Nasreddine et Nasreddine et son âne (2005), Cyrano de Bergerac avec Taï-Marc Le Thanh dans lequel elle réalise des illustrations hors-norme dans un Japon imaginaire et baroque, suivi de La tortue géante des Galápagos (2006), Les histoires de Séraphin Mouton (2007), Elvis (2008), Swing café (2009). En 2009, elle collabore à nouveau avec Philippe Lechermeier pour une version décalée d’un conte dans Le journal secret du petit Poucet et un artbook en 2009. En 2010, elle réalise les illustrations d’Alice au Pays des merveilles. Son dernier album sort fin 2011, Le petit théâtre de Rebecca, est un ouvrage totalement réalisé grâce à la découpe laser, elle y met en scène tous ses personnages créés depuis dix ans dans un fabuleux spectacle.

   La création …

 Aujourd’hui, Rebecca Dautremer est une illustratrice reconnue dans le métier et surtout chez les amateurs de beaux albums. Son style est facilement reconnaissable, les enfants et puis surtout les adultes aiment ses couleurs chatoyantes qui font rêver les jours de pluie. À tel point que l’œuvre de Dautremer s’invite maintenant sur les agendas, les carnets d’adresses, des objets utilitaires bien loin du domaine des enfants. Des carnets d’impressions grand format, destinés à être encadrés, sont disponibles dans les librairies spécialisées.  Les plus fortunés peuvent même obtenir les originaux dans la galerie de Jeanne Robillard à Paris[1].

Rebecca Dautremer aime également beaucoup mélanger les cultures et les inspirations, elle dit à ce propos : 

« Pour l’illustrateur, c’est toujours bon d’aller dans des univers différents. Si je devais rester coincée dans mon quartier parisien, je m’ennuierais ! C’est très agréable de me balader dans des marchés d’Afrique du nord, d’imaginer des lumières, des costumes, de changer d’air, au niveau des couleurs notamment »[2] .

Ses illustrations sont réalisées à la gouache, par petites touches ou aplats de couleurs pures, sur du papier aquarelle qu’elle huile afin de densifier les couleurs.
Elle joue énormément sur les surépaisseurs, les transparences. Elle maltraite ses œuvres, les griffe, les salit, les lave, les déchire pour les recoller ensuite. Ses inspirations sont le cinéma et la photographie. Elle use et abuse des techniques qui sont propres à ces disciplines, s’aide de polaroïd, de scènes instantanées et de livres de photographies. Elle décadre, elle travaille le hors champ, l’obscurité, les éclairages, l’illusion et le reflet :

« J’ai une formation de graphiste aux Arts-déco et j’ai beaucoup étudié la photographie. Je cherche beaucoup d’idées dans des livres de photos, et cela m’influence beaucoup. Le cinéma m’inspire aussi énormément, notamment pour le cadrage. Il y a même des images où j’utilise des flous, la profondeur de champ, les différents plans. Pourquoi rester linéaire et horizontal.  J’aime balader ma caméra, en quelque sorte »[3].

 

 … d’une œuvre théâtrale

 

  La notion de théâtralité telle qu’on l’entend en cinématographie semble être une des caractéristiques dominantes de l’œuvre de cette illustratrice. Elle est présente dans plusieurs de ses réalisations les plus personnelles.

Dans L’amoureux (2003), son premier succès éditorial, elle figure le monde adulte comme un spectacle permanent, elle n’hésite pas à utiliser des marionnettes et des masques, elle crée ainsi un monde factice et étranger à celui des enfants. L’histoire de L’amoureux ayant déjà pour sujet les problèmes de compréhension entre enfants et adultes.

 Elle s’est aussi essayée à l’écriture (sous couvert d’un pseudonyme imprononçable) avec la réalisation d’une pièce de théâtre : La tortue géante des Galapagos (2006) qu’elle illustre avec brio. Cette aventure est un peu différente des autres puisqu’elle n’a jamais écrit et encore moins illustré ses propres projets. Plusieurs fois le projet a failli être illustré ou réécrit, mais c’est finalement elle seule qui le finit.  Elle ballade le lecteur dans un univers théâtral et factice, un univers étrange fait d’acteurs aux costumes étonnants, attachés à des poulies et se déplaçant sur des fonds dépouillés

L’attachement de l’illustratrice au monde théâtral est d’autant plus visible dans son dernier album, Le petit théâtre de Rebecca (2011), où elle assume pleinement le rôle de marionnettiste qui présente chacun des ses personnages hauts en couleurs qui ont fait le succès de son travail. Ces personnages sont accompagnés d’une phrase emblématique issue de leur ouvrage d’origine.Comme dans Princesses oubliées ou inconnues, elle joue avec le paratexte, elle  détourne les conventions adultes dans une fausse page de titre où l’on retrouve notamment une œuvre précédente, L’Otarie blanche de Kergelen (au lieu du nom réel des îles, Kerguelen) de l’auteur Dragoljub Zlahtrkjeswnvke dont Rebecca Dautremer n’est que la traductrice moldave. Il est également indiqué que l’ouvrage a été édité avec le soutien de la Compagnie Lyrique des Auteurs de Pacotille (le CLAP) et qu’il est vendu au profit de la Société Professionnelles des Organisateurs Utopiques d’Invraisemblables Tournois Catastrophiques d’Habitude (Le SPOUITCH).

Le tout est présenté de manière très convaincante. La seconde page est construire comme un programme de ce spectacle, avec la présentation de l’auteur Dragoljub ainsi que de l’histoire du spectacle ayant eu lieu dans le théâtre de Petit-Cailloux-sur-flac le 1er avril 1892. Les créateurs et organisateurs (metteur en scène, costumier, décorateur, etc.) appartiennent tous à la famille Mathieu et sont présentés l’un après l’autre, le maitre de chant quant à lui se nomme Taddeuz. Et enfin annonce que le spectacle a été joué en présence de Monsieur le Maire Grégoire Mathieu, son épouse et leur neveu… qui ne sont autres que les organisateurs cités ci-dessus. Le plus amusant étant qu’on apprend aussi que Taddeuz n’est autre que le labrador de la famille. Sur les pages de garde se trouvent des photocopies d’articles sur le spectacle, ceux-ci sont parodiés et amusants, l’un d’eux est signé Philippe Lechermeilleur, en référence au co-créateur de plusieurs de ses livres dont Princesses. L’histoire ainsi que les dialogues du spectacle sont, quant à eux, de purs exemples d’humour nonsense.


[2] Blandine, Portrait de Rebecca Dautremer, (en ligne), Librairie Decitre, Novembre 2007 (réf. 05/08/08), disponible sur  http://www.decitre.fr/livres/portrait-rebecca-dautremer-2007.aspx

[3] Blandine, Portrait de Rebecca Dautremer, (en ligne), Librairie Decitre, Novembre 2007 (ref. 05/08/08), disponible sur  http://www.decitre.fr/livres/portrait-rebecca-dautremer-2007.aspx

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