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L’effroyable Encyclopédie des Revenants

Bonjour à tous !

Non, je ne suis pas encore morte ! J’ai juste un peu de mal à consacrer du temps à ce malheureux site. Et je commence peu à peu à reconquérir un peu de loisirs et d’espaces personnels, il y a du mieux !

Et en guise de reconquête de lecture personnelle… Il y a eu un premier livre, récupéré tout à fait par hasard après la période de Noël, un livre qui m’a ramené sur des sentiers que j’adore, aux côtés d’un conteur que j’admire et apprécie profondément, le tout servi par deux illustrateurs dont j’aime le ton, l’inspiration, les couleurs et tout simplement l’interprétation du sujet. Ce livre est…

 

L’effroyable Encyclopédie des Revenants

Aux textes, la plume du conteur Pierre Dubois

& aux pinceaux, le duo Carine –M et Elian Black’Mor.

« Cela remonte, ou plutôt cela redescend à l’enfance : profondément. « Les contes sont des peurs d’enfant qui s’accomplissent », que l’imaginaire réinvente et met en scène ». 

« Descendre à la cave, c’est déjà s’enterrer, pénétrer dans le monde du bas, le royaume des morts et des revenants… »

Les encyclopédies de Pierre Dubois, c’est une grande histoire d’amour pour moi, je n’en avais jamais manqué aucune… et pourtant ces dernières années, prise par beaucoup d’autres choses, j’avais regardé la sortie de l’Effroyable Encyclopédie des Fantômes avec envie sans pour autant me l’offrir, et cela semblait bien parti pour faire la même chose à la sortie du second tome… Si je n’étais pas tombé sur le livre au hasard d’un rayonnage, l’observant et le feuilletant jusqu’à ce qu’il ne quitte plus mes petites mimines.

Ce livre m’a tout bonnement rappelé pourquoi j’aimais cet univers, c’était si semblable à la description que M. Dubois faisant de son « grenier » et de ses souvenirs enfuit, de ses coffres et jolies boites que l’on ouvre avec émerveillement et nostalgie.

Au départ, je ne savais pas sur quoi j’allais tomber, j’avais une confiance aveugle en l’auteur que j’aime tant. Pourtant, j’avoue que je ne pouvais cacher ma crainte de tomber sur un nouveau livre enchainant les déjà-vus, comme il en sort tant depuis que cette thématique dans son sens le plus large est devenue à la mode. Heureusement, et j’aurai dû m’en douter en m’engouffrant dans cette crypte aux côtés de l’hôte.

J’ai aimé chaque chapitre de cette encyclopédie, présentée bien différemment des autres que je connaissais du même auteur (Les fées, elfes et lutins). Je crois que la présence du fil rouge en la personne de «  l’enquêteur et hôte » rend, néanmoins, les choses bien plus amusantes et prenantes. Cela se lit, dès lors, comme une histoire suivie, un voyage dans un autre monde – et je pense que c’est ce qui est voulu. Alors que les plus anciennes, qui sont des vraies mines d’or et d’informations,  se consulte plus « à l’envie » et occasionnellement.

Ainsi vous pourrez découvrir un éventail plutôt complet du monde des « Revenants ».  Au commencement, et cela semble logique, il est question des morts… et des vivants. Par exemple, le sujet des historiques Body Snatchers et de la problématique des corps pour la science, et donc de la protection par les vivants – et par les morts – des lieux dit « de repos » que sont censés être les cimetières.

Vous irez ensuite par les chemins, rencontrer la mort marchante, ceux qui sortent des tombes, ceux qui ne veulent pas disparaître du monde des vivants… Les contes et légendes des mauvais et cruels seigneurs d’antan et de leurs tristes victimes. Les Dames blanches, les assassinées, les dépourvus de repos. Une autre partie que j’ai énormément apprécié, celle des chasses sauvages, il y a encore de nombreuses chasses « dans le coin », dont j’ai pu entendre parler, tel que la Grande chasse de Rochehaut. Il est question des chasses mais également… des bandits de grands chemins qui ont créé la légende au 17ème siècle, tel que Claude Duval ou la « Wicked Lady », c’est donc sans transition que l’on peut également se retrouver confronté aux cavaliers sans tête… ou aux Auberges maudites. Finalement tout cela est bien affaire de lieux interdits et de perditions, les voyages si dangereux à ces époques reculés ne pouvaient que donner naissance à toute sorte d’histoires étranges et macabres.

Et si je ne devais garder qu’une partie, cela serait sans doute celle des revenants des mers… Surtout que cette thématique maritime me tient réellement à cœur depuis quelques années et que cela se ressent dans beaucoup de choses, de mes écrits – que vous ne connaissez pas, à ma décoration. Mais cela n’a pas beaucoup d’importance…

« Et c’est pourquoi, il y a longtemps,
Dans ce royaume au bord de l’océan,
Les vents firent éclater un nuage et glacèrent
Ma toute belle Annabel Lee ;
Si bien que ses nobles parents sont venus
Et l’ont emportée loin de moi
Pour l’enfermer dans un tombeau
Dans ce royaume au bord de l’océan. »

– Edgar Allan Poe.

 

Je me suis longtemps posé la question de la raison de mon attirance pour le folklore et les légendes entourant le monde maritime, je n’ai pas vraiment trouvé de réponse.

Je sais juste que dès l’âge de 9/10 ans, au hasard d’un livre sur le monde « en général », j’étais tombée sur une photo, relativement récente, de l’épave du Titanic. Cela m’avait fasciné, à tel point que j’ai commencé à chercher toutes sortes d’informations sur cette épave, et toutes les autres. Était-ce le reflet d’un monde perdu qui m’attirait là-dedans ? La fascination de tout ce qui pouvait se trouver dans le  » Davy jones’s locker », de toutes ces histoires perdues et oubliées qui ne demandaient qu’à être retrouvées et réinventées ? L’océan est une des dernières « Terra incognita » de notre temps, vu que visiblement, nous connaissons bien mieux l’Espace que nos propres profondeurs marines. Il y a tant de choses, tant de « ? »… Que je pense que c’est déjà un début de réponse pour moi.

Toutes les histoires racontées par Pierre Dubois sont d’une époque où la mer était réellement, et encore plus que maintenant, un domaine insondable où l’on ne pouvait encore et toujours que se raccrocher à sa foi lorsque la tempête faisant rage.  C’est encore un peu le cas, car prendre la mer, c’est accepter que l’on dépend d’elle pour arriver à « bon port ».

Il y a tellement de choses qui ont pu être inventées et créés par ces marins, depuis des mois en mer qui voyait pour la première fois, telle ou telle créature marine fantastique, qui étaient confrontés à des événements inexplicables… La rencontre avec un derelict, véritable bateau « fantôme » devait être terrifiante… Je ne peux qu’imaginer la frayeur d’une telle rencontre au hasard des mers…  Et encore maintenant, de nombreux derelicts parcourent les mers de manière totalement inexplicables et aléatoires, véritables dangers pour les autres bateaux…

C’est tout cela et bien plus qui est survolé de la plume ô combien plus « fantastique » de Pierre Dubois… Avec quelques unes des plus belles illustrations de l’ouvrage – selon moi… Je suis toujours sous le charme d’Annabel Lee personnellement !…

 

Le sujet est très bien découpé, si je puis dire, et je ne commencerais pas à faire une analyse détaillée. Je dirais juste que ce qui m’a plu en premier lieu, c’est de trouver des sujets que je connaissais, historiquement parlant mais avec la plume et la vision offerte par l’auteur. Ce qui lui apportait un plus autrement plus magique.

C’est cet entremêlement d’histoires vraies, de faits et d’analyses historiques, vu par la plume féerique et poétique de Pierre Dubois qui m’a le plus charmé. Il n’y a rien de plus agréable que de retrouver tous ces petits bouts de réels sous le regard poétique et fantomatique. Et d’avoir l’infinie certitude que derrière tout cela, tous ces beaux mots, il y a tant de recherches et de connaissances que cela en devient étourdissant et ébouriffant (oui oui !). Comme à son habitude, il a choisi avec soin de nombreuses citations d’auteurs… comme autant de petites pancartes « Suivez-moi vers d’autres lieux »… Conjugué à la très intéressante bibliographie de fin d’ouvrage, une mine d’or et un plaisir qui est rare dans certains ouvrages… Ce livre peut faire office de tremplin vers ce monde oublié et parfois mal-aimé.

 

 

Je dirais qu’au fond, il y a une chose que je dois à ce livre, c’est d’avoir ravivé une flamme chez moi et m’avoir rappelé à quel point j’aimais cet univers, que j’en avais besoin et qu’il était, en quelque sorte, « ma prise de terre »… Mon retour et ma source.

En quelque sorte, cette encyclopédie porte bien son nom… Car j’ai l’impression d’être moi-même, à ma manière,… l’un de ses « revenants » en terre de féerie… !

 

D’autres nouvelles ?

Depuis j’ai évidemment enfin récupéré l’Encyclopédie des fantômes dont je vous parlerai peut-être une autre fois, ainsi que plusieurs autres livres dont je dévore actuellement les pages :

Sur la route des plus belles légendes celtes d’Alan Stivell  et Thierry Jolif  aux photos magiques… Voyages imaginaires de Farid Abdelouahab… qui m’emmène un peu partout dans un voyage intertextuel des plus dépaysant… Et un petit roman qui s’est glissé par hasard, En même temps, toute la terre et tout le ciel de Ruth L. Ozeki qui égaye mes fins de soirées.

Et d’autres qui m’attendent sagement tel que L’Histoire des fées de Claudine Glot ou Tout le Steampunk d’Etienne Barillier et Raphaël Colson.

C’est bien simple, je crois que je n’avais plus autant lu pour moi depuis plus de cinq ans… Et… vous savez quoi ? Qu’est-ce que ça fait du bien !!!

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