La Princetta et le Capitaine


Les romans / dimanche, décembre 17th, 2017

« Il ressentait une sorte d’ivresse à se trouver là, sous le ciel furieux, dans les bras énormes de la mer qui berçait le navire, comme une matrone démoniaque ».

Résumé 

Demain, Malva, l’héritière du trône de Galnicie, doit, contre son gré, épouser le Prince d’Andemark. La jeune fille décide de s’enfuir. Une stupéfiante aventure l’entraîne aussitôt dans le tumulte des guerres et des tempêtes. Et par un incroyable jeu de circonstances, son destin finit par croiser celui de l’étonnant Capitaine Orféus Mac Bott. Les deux héros et leurs cinq compagnons de fortune vont subir mille et une épreuves pour avoir osé se lancer dans ce voyage au-delà du monde connu, à la recherche de leur propre vérité…

Auteur : Anne-Laure Bondoux
Éditeur : Hachette
Parution : 2004
Pages : 524

Mon avis

« Sur le pont, l’uniformité laiteuse du brouillard stagnait, lourde et silencieuse. Quand on respirait, l’air semblait dégouliner dans les narines et la bouche, distillant une odeur de feuille morte. […]A ce moment, un grand pan de brouillard se déchira. Les rochers se révélèrent, hauts et sombres, ruisselants d’humidité ».

Tout d’abord, j’ai découvert ce livre, comme beaucoup d’autres, grâce à la sphère de booktube. J’ai une certaine fascination pour les épopées maritimes bien qu’étonnement, je n’en ai pas lu énormément. Toujours est-il, que ce roman là, j’avais envie de le découvrir, même si j’avais un peu peur de son appellation jeunesse. Depuis un peu plus d’un an, la littérature Young Adult et moi, c’est plus forcément le grand amour… Mais passons au sujet qui m’intéresse : La Princetta et le Capitaine. 

En premier lieu, j’ai beaucoup aimé l’écriture de l’autrice, rapidement, ses descriptions et sa manière d’introduire les événements. Je n’ai pas eu beaucoup d’empathie pour Malva, que même maintenant, je continue à voir comme une enfant, ce qu’elle est, naïve et pleine d’espoirs un peu fantasques. C’est sans doute le personnage qui m’a semblé le plus convenu finalement. Pendant prêt de 250 pages, j’aimais bien l’histoire, mais sans plus. Orféus n’était pas le capitaine que j’attendais mais j’aimais bien ce personnage inattendu et faillible. Je compatissais grandement avec Filomène qui devait supporter les lubies de sa protégée et son envie de découvrir à tous prix l’Elgolie, ensuite, j’ai adoré Lei, sa force de caractère. 

Il est possible qu’il y ait quelques spoilers…

La Fabula

« La beauté incongrue de cette île coupait littéralement le souffle. Sous le soleil, les détails les plus infimes se détachaient, comme soulignés au pinceau,… »

Et puis, il y a eu la Fabula… C’est à partir de ce moment là, que le récit a pris une autre tournure, c’est à partir de là que j’ai vraiment adoré. Le ton de l’autrice était différent, j’ai du mal à l’expliquer, mais on quittait la zone de confort propre à la littérature Young Adult pour entrer dans un récit plus sombre, plus difficile pour les personnages et pour le lecteur. Un récit qui ne faisait plus de concessions et dans lequel on pouvait voir disparaître des personnages qu’on apprécie… 

A partir de là, on est clairement dans un récit d’épopée maritime, non loin d’Ulysse et de Simbad : les personnages sont des survivants, des êtres qui n’ont pas forcément d’accointances et qui se trouvent confronter à quelque chose qui les dépassent, hors du monde connu et de ses lois naturelles. Voilà, nos personnages confrontés à des épreuves et à leur souhait le plus intime, sauront-ils surmonter leur épreuve ? Y succomberont-ils ? Abandonneront-ils leurs compagnons d’infortunes pour réaliser leur plus beau rêve ?  

J’ai adoré cette partie, j’ai aimé le fait que, comme on aurait pu l’attendre dans un roman jeunesse, tout ne se passait pas bien, que tout ne finissait pas bien, que chaque acte avait ses conséquences, que Malva devait payer ses choix et qu’elle devait grandir à l’aune de ces échecs.

Et si j’ai eu l’occasion de lire la fin alternative, il reste que je préfère l’original, même si elle me sert le cœur. Il y a tellement d’ouvrages où finalement, les actes ne semblent pas avoir de réelles conséquences. Cette fin douce-amère est parfaite, c’est elle qui donne sa beauté et sa puissance à ce récit… 

« Que voulez-vous faire, Princetta ? Maintenant que nous avons survécu à ces épreuves, je suppose que tout est possible. »

 

Féeriquement, Nainië

 

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