Posted by on Déc 29, 2011 in Les albums, Lire - La Bibliothèque d’Iscar, Tout | 0 comments

Voici un court article réalisé dans le cadre du mémoire ayant pour sujet la relation de Frédéric Clément aux nouvelles technologies du livre.
Cet auteur a toujours utilisé des moyens techniques à l’image de ces albums : différents.
Il a été un des premiers à réaliser des albums d’un genre nouveau, des objets inclassables.

Cet auteur a toujours utilisé des moyens techniques à l’image de ces albums : différents. Il a été un des premiers à réaliser des albums d’un genre nouveau, des objets inclassables. Frédéric Clément, auteur et illustrateur, réalise bien souvent des livres poétiques et sophistiqués. Dans plusieurs des albums qu’il a illustrés, l’artiste réalise des montages mêlant des dessins, des peintures et des objets en trois dimensions tels que des fleurs ou des insectes. Comme il est impossible de scanner une composition en trois dimensions, il doit recourir à la photographie. Ces photographies deviendront, à proprement parler, les illustrations des albums. En 1999, il réalise Muséum[1]. Ce livre est composé majoritairement de photographies de compositions et d’objets réalisés par l’auteur.

 

Malgré l’utilisation de quelques feuilles de papiers pelures, la sophistication de cet album vient surtout de sa mise en page complexe qui recrée le carnet de voyage d’un entomologiste : les fleurs comme les insectes sont en trompe-l’œil. L’album est, en outre, présenté dans un magnifique coffret en carton donnant l’impression d’une boîte en bois flotté. À l’époque, la création de ce type d’album est toujours rare et coûteuse. On parle de livre-objet dans le Marie-Claire de décembre 1999 ou encore d’objets non identifié et infiniment séduisant dans le journal La Croix du 11 décembre 1999[2]. Ce type d’albums est peu habituel à la fin du XXème siècle, les critiques cherchent de quelle manière qualifier ces livres plus complexes qu’à l’accoutumée.

Dix ans plus tard, Frédéric Clément réalise les illustrations de Bashô, le fou de poésie[3]. Sa technique de prédilection n’a pas changé, il réalise toujours des montages en trois dimensions qui sont photographiés par Vincent Tessier afin de servir d’illustrations. Ici, ces illustrations sont réalisées à l’aide d’une méthode complexe à base d’huile et d’acrylique sur papier imbibé de cire d’abeille.  Le papier de l’album, brut aux grains apparents et à l’odeur forte a été soigneusement choisi[4], le livre en apparence simple, possède de nombreux rabats, le format du livre (17 x 31,5 cm) rappelle un format d’estampe japonaise telle que l’hashira-e. Tout cela participe à la lecture et l’impression d’authenticité qui se dégage de l’ouvrage.


[1] CLEMENT, Frédéric, Muséum, Petite collection d’ailes et d’âmes trouvées sur l’Amazone, Paris, Albin Michel, 1999

[2] Nous n’avons pas retrouvé les références exactes de ces petites critiques, elles sont cependant disponibles sur le site de l’auteur : CLEMENT, Frédéric, Site personnel de l’artiste, (en ligne), Frédéric Clément, (réf. 16/01/2012), disponible sur http://www.fredericlement.net/presse/muse-press.htm

[3] KERISEL, Françoise, CLEMENT, Frédéric, Bashô, le fou de poésie, Albin Michel, Paris, 2009

[4] L’ouvrage est imprimé sur du papier Apollo Ivory 120 grammes.

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