Posted by on Mar 2, 2013 in | 0 comments

D'un vieil écritoire

Les initiales du royaume : O.W. ornent le couvercle clôt.
Il y a de nombreux récits enfermés dans cet écritoire de bois de rose serti de vermeille et d'or.   La dame les a abandonné, orphelins, dans la tour sans vie. Elle a laissé ces histoires voler de ci et de là dans la grande bibliothèque d'Ygora. Les plus téméraires se sont sauvées par quelques ouvertures et ont parcouru le monde. Elles se sont gorgées de soleil et de musiques avant de revenir parées de leurs plus beaux atours. Cette histoire est l'une d'elle.

Un... Dans sa tête. Deux...Elle comptait pour elle-même. Trois...Le temps...Quatre !

Elle a finit. Son œuvre est achevée et elle peut à présent la contempler, avec au cœur ce sentiment que tout est bien comme il se doit. Le cycle est lancé et elle n'aura plus à s'en préoccuper. Seulement à observer la tapisserie aux milles nuances qui flottent à présent sur les murs de sa demeure de pierre et de diamants. Elle se lève, et s'éloignent, prend du recul. Incline la tête, plisse les yeux. Elle fait la moue quand elle se rend compte qu'à certains endroits elle s'es

t trompé de fil... Elle se renfrogne, elle a commis quatre erreurs... Pas une de plus, pas une de moins...Et deux fois les mêmes ! Avait-elle encore la tête ailleurs ?... Elle soupire lourdement et se détourne. Besoin d'air et d'autres choses.
D'un geste négligé elle saisit sur l'étagère de bois rouge,  une flute. Elle s'assied alors sur un large fauteuil de velours sombre et porte l'instrument à ses lèvres. Elle ferme les yeux et savoure les notes qui naissent sous ses doigts et la musique qui s'élève dans les airs. Elle se laisse porter par elle, la mélodie naît précisément au moment où ses doigts glissent sur le nacré de l'objet. Elle ne la connaissait pas, à présent elle est. Un morceau lent, aux allures joueuses, des gouttes de beautés tombant sur un miroir, des ombres jouant dans le feuillage. Clair, et cassant comme le verre, ondoyant comme le poisson dans la source fraîche, tel le vol hésitant de l'oiseau qui quitte son nid maternel...
Enfin la musique semble à ses dernières notes et qu'elle sait au fond d'elle qu'elle est ainsi faite... Elle ouvre les yeux et repose délicatement la flute. Son regard iridescent se promènent dans la pièce, et au delà des arbres blancs de leur éternité inchangée. Les nuances se mélangent et s'annulent dans ses yeux, changeant comme les nuages en été. Elle se relève, secoue sa robe d'un geste leste, des morceaux de fil tombent sur le sol dans lequel ils se fondent au même instant donnant à la pierre clair une teinte nouvelle.

La tapisserie vole légèrement dans le vent malin, frémissante de la vie nouvelle qui l'habite. Elle sourit alors et se dit finalement que ses erreurs ne sont pas tant horribles et que cela donnera certainement un coté particulier au cours des choses. Elles ne sont pas si mal placées, et semble diviser l'ouvrage... Elle marche lentement, et approche son visage de l'étoffe, plissant les yeux, attentive à chaque détail et caressant du bout des doigts chaque motif.
L'harmonie n'est-elle pas parfaite ? se plut-elle à dire à elle-même.

Elle se redresse, une main sur la hanche. Elle porte l'index à ses lèvres et opine de la tête...  Elle cherche. L'idée... Oui, bien sûr, pour transformer l'erreur en merveille... D'un pas vif elle se dirige vers l'écritoire, prend la plume trempée dans l'encre et la glisse sur le parchemin, elle  court sans demander son reste, elle dessine les mots, deux mots, pour deux fois deux erreurs... Un autre … Pour le plaisir de l’écrire.

Elle repose la plume, un sourire orne ses lèvres. Trois mots ornent à présent la page, elle l'a décidé, ceux-ci deviendront évidence et merveille, ponctuant l'ouvrage qu'elle a créé.

Solstice.

Équinoxe...

Et le troisième ? Elle veut le garder précieusement un peu pour elle.
Elle repousse la chaise, se relève, s'en retourne vers la tapisserie chatoyante...  d'un geste brusque elle l'arrache du mur, celle-ci tombe docilement dans ses bras. Tranquillement, elle se dirige, comptant chacun de ses pas, vers un balcon aux reflets nacrés. Le vent s'est levé, ... Il était temps...
Dans un rire clair, les yeux brillants de toutes ces couleurs à venir, elle jette l'ouvrage dans le vent. Le cœur frémissant elle la regarde s'éloigner, quand soudainement, enfin, celle-ci forte de tout ce qu'elle à donner, se déplie, offrant ses ailes miroitantes à ce paysage immuable.

Les nuances jaillissent les unes après les autres,... tels des papillon se posant sur chaque réalité, une vie donnée, la couleur de l’Être contre l'éternité, pour un cycle toujours changeant au gré …  Un dernier mot… Enfin ?…

Saisons.

-- Légendes d'Oldwishes, Nainië

© Cécile Lensen 2013

C'est ainsi, dit-on, que la Dame donna ses couleurs à Oldwishes et à toutes les forêts et plaines merveilleuses du royaumes.

Illyre

Il y a quelques temps j'ai eu envie de commencer a réaliser les Saisons d'Oldwishes, leurs incarnations. Certains pensent qu'Ora est l'hiver, je me suis plu à le dire. Mais en fait, pas du tout ! Ora, est et restera le fantôme d'Ygora.

L'incarnato de l'hiver viendra quand ce sera son heure. Pour l'heure, il n'y en a donc qu'une qui a vu le jour : l'automne. J'aime cette saison, celle qui offre un déchaînement de teintes que j'aime particulièrement  l'orange, le brun, le jaune, le vert. J'ai donc naturellement commencé par Automne, renommée affectueusement, Illyre.

Cependant, il n'y a pas que ça.
Cette illustration est née pour Trolls et Légendes 2009.

Je voulais rendre hommage à l'invité d'honneur, Brian Froud. Un monsieur que j'admire réellement. Je voulais donc que ce personnage soit dans la lignée des fées masquées du grand illustrateur et plus particulièrement sa Fairy Queen, réalisée en 1994.

 Image sur Deviant Art.

©Cécile Lensen 2004-2013
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