Posted by on Mar 2, 2013 in , | 0 comments

Princesse d’un royaume qui n’en était pas un. Souveraine des songes et de leur irréalité  Elle marchait dans les allées vides, errait dans les couloirs glacés d'un palais à jamais silencieux. Chaque jour, elle cherchait dans la chaleur des tapis, dans le bruissement des papiers, dans le vent s’engouffrant dans les persiennes, une présence. Parfois elle avait l'amoureuse certitude qu'il était auprès d'elle, que son âme l'enveloppait et la berçait doucement. Hélas, instant fugace, il s'évanouissait dans un souffle et la solitude l'étreignait à nouveau.

Irrémédiablement enfermé dans un jeu infini de hasard.

Peut-être aimait-il à se dérober à son regard, cruel, s’amusant de son désarroi. Elle tentait, quelque fois, de lui parler, mais n’avait en retour que des bruissements dans le feuillage ou le vent jouant dans d' innombrables  feuilles de papier s’amoncelant jour après jour, année après année sur son bureau de chêne. Elle écrivait...  Sa plume crissait sur le papier alors que l'encre elle-même lui faisait défaut depuis une éternité... 

Mon très cher amour,

 Mes pensées se tournent vers toi ce matin, tu me manques et l’aube semble triste.

Qu’as-tu fait hier ? j’espère que tes songes ont été doux cette nuit.

Oh je suis désolée de ne dire encore que des banalités, je voudrais te dire tellement de chose, mais les mots restent enfoncés dans ma gorge, j’aurai pourtant tant de chose à te partager, si tu étais là. J’essaye d’habiter ton absence, j’essaye de vivre sans que tes paroles me bercent, mais il faut bien le dire, mon seigneur, que je me sens mourir, las de ne pouvoir me perdre dans vos yeux.

Quand reviendrez-vous ? Jamais, dite-vous ?… Vous vous moquez, cruel, je sais que tout vous ramènera à moi, quand ? sans doute que je l’ignore. J’ose l’espoir comme seul force et seul soutient. Mon tendre, vous me manquez, faut-il que je vienne vous le dire éplorée et à genoux pour qu’enfin votre main caresse ma joue.

 Revenez-vite, je vous envoie mon amour comme seule certitude et seul présent.

Votre amie, pour l’éternité.

 Ces lettres, jours après jours, s’accumulaient… dans son esprit et dans son cœur. Elle se tenait au dessus de le fenêtre et lorsque la nuit tombait et que le vent revenait, elle laissait tomber la feuille légère sous promesse que la brise la porte à celui qui occupait ses pensées. Faut-il alors dire que cette lettre n’était destinée qu’à une chimère et qu’elle n’irait nul part. Non car, la pauvre en mourrait. Le bruit de la plume sur le papier était sa seule présence, sa seule amie et elle vivait son existence, aussi fragile que la flamme de l’unique bougie qui éclairait ses nuits.

-- Légendes d'Oldwishes, Nainië

© Cécile Lensen 2013

 La première version de cette illustration a été réalisée en 2006, celle-ci en 2013. Il s'agit de deux protagonistes principaux des Légendes d'Oldwishes, Ennaria et Nuruhuine.

 Retrouvez cette illustration sur Deviant

©Cécile Lensen 2006-2013
All rights of this image are reserved to Nainië aka Cécile Lensen and may not be used in ANY way without my written permission. No copying - No redistribution - No unauthorized use. Thank you!
Rendez-vous sur Hellocoton !