Les romans

Les Délices de Tokyo

de  Durian Sukegawa

 

– A l’époque, on n’avait pas d’autre plaisir que d’imaginer ce qui se cachait derrière les mots. J’aimais faire travailler mon imagination. Du coup, j’ai été surprise d’apprendre que vous vouliez devenir écrivain.
– C’est de l’histoire ancienne.
-Mais les rêves d’autrefois, ils restent, non ? 

Résumé 

« Écoutez la voix des haricots » : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges qui accompagne les dorayaki, des pâtisseries japonaises. Sentarô, qui a accepté d’embaucher Tokue dans son échoppe, voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière. Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu’elle lui a fait partager.

Mon avis

Ce livre m’a plongé dans une mélancolie incroyable. J’y ai pensé longuement, j’ai pleuré. J’ai été profondément touchée par la beauté intérieure de cette femme; Tokue, a qui pourtant la vie n’avait pas donné grand chose. 

Le rythme de cette histoire est lent, au fil de saisons et de ces délicieux gâteaux… Au fil de la floraison des cerisiers en face de l’échoppe (La fête de l’Ohanami qui me fait tant rêver) et des rentrées scolaires. 

“ Il s’agit de bien observer la mine des haricots azuki. De s’ouvrir à ce qu’ils ont à nous dire. C’est, par exemple, imaginer les jours de pluie et de beau temps qu’ils ont connu. Ecouter l’histoire de leur voyage, des vents qui les ont portés jusqu’à nous.
Je suis convaincue que chaque chose ici-bas est douée de parole. A mon avis, on peut prêter l’oreille à tout, aux passants dans la rue devant la boutique, à tout ce qui est vivant, et même aux rayons du soleil et au vent… je garde le regret de n’avoir pas su vous transmettre l’essentiel.“ 

C’est un apprentissage de la contemplation, de l’humilité et de la bienveillance. Ce qui n’est malheureusement pas donné à tout le monde. La peur est mauvaise conseillère et réduit considérablement notre vision… 

Et, elle, Tokue, cette aïeul sur le fil de sa vie, nous offre sa vision si belle du monde et de tout ce qui le compose, dépourvues d’aigreurs et de rancœurs, malgré son existence terrible… Une histoire est bouleversante qui donne une leçon incroyable de résilience. 

“Sans le regard que j’étais, toutes les choses que je voyais disparaîtraient. C’était tout simple. Et si ni moi ni les humains n’existions, qu’en serait-il ? Pas seulement les humains, si le monde était privé de tous les êtres doués d’émotion, qu’en serait-il ? Ce monde quasiment infini disparaîtrait entièrement. (…) Nous sommes nés pour regarder ce monde, pour l’écouter. C’est tout ce qu’il demande. Et donc, même si je ne pouvais pas devenir professeur, ni travailler, ma venue au monde avait un sens”. 

Ah oui, ce roman m’a aussi donné envie de goûter ces merveilleux gâteaux. Ce que je n’ai malheureusement pas pu faire… Car je n’ai aucune envie de manger de Doryaki dont les haricots ne chanteraient pas…  

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